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La Stratégie nationale de santé est lancée !  Voir?

Le Haut Conseil de la Santé Publique remettait le 18 septembre dernier à la ministre des Solidarités et de la Santé un rapport sur l’état de santé des Français, marquant ainsi le début des travaux de la Stratégie nationale de santé 2017. Agnès Buzyn a ainsi pu donner un cap à la politique de santé et garantir par la même occasion pour ce projet ambitieux la cohérence de l’action collective de tous les ministères. Revue de détails.

Agnès Buzyn

Crédit - @AgnesBuzyn - Quatre thèmes prioritaires ont été définis autour desquels s’organiseront les grands chantiers en matière de santé à moyen et long terme.

Rappelons que la Stratégie nationale de santé (SNS) fixe les priorités du gouvernement en matière de santé pour une durée de cinq ans. Elle permet de définir une vision partagée par l’ensemble des acteurs et de piloter l’avancement des chantiers prioritaires. Elle a vocation à donner un cap, qui guidera la mise en place des politiques de santé et l’élaboration de mesures concrètes. Formalisée fin 2017, sa mise en oeuvre est prévue dès 2018 aux niveaux national et territorial.

Quatre thèmes prioritaires pour les cinq années à venir

La ministre des Solidarités et de la Santé, qui venait de recevoir dans le même temps un rapport du Haut Conseil de la Santé publique sur l'état de santé des Français, a donc pu lancer officiellement le 18 septembre dernier le début des travaux de la Stratégie nationale de santé 2017-2022. Quatre thèmes prioritaires ont donc été définis autour desquels s’organiseront les grands chantiers en matière de santé à moyen et long terme.

La prévention et la promotion de la santé

C'est une ambition forte portée par le Premier ministre et le Président de la République a rappelé Agnès Buzyn. Les principaux objectifs portent sur la promotion d’une alimentation saine et de l’activité physique, la prévention des maladies infectieuses, la lutte contre les conduites addictives, la promotion de la santé mentale, d’un environnement et de conditions de travail favorables à la santé, l’amélioration du dépistage et la prévention de la perte d’autonomie. Une attention particulière sera apportée aux enfants et aux jeunes.

La lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé

L’objectif est de passer d’une approche en silo à une approche centrée sur les besoins des patients, avec des parcours organisés au niveau du territoire. La ministre présentera en octobre un plan d’accès aux soins, qui sera ensuite complété.

La nécessité d’accroître la pertinence et la qualité des soins

La ministre souhaite une réflexion sur l’évolution de la tarification à l’activité qui prenne davantage en compte les parcours, la qualité et la pertinence des soins et des actes. La formation des professionnels est un second levier indispensable pour développer cette culture et ce souci permanent de la qualité.

L’innovation

Organisationnelle, médicale, technologique ou numérique, l’innovation doit être mise au service de tous et répondre aux besoins prioritaires en santé. Cette démarche favorisera une meilleure association des patients, des usagers et des professionnels qui sont les premiers concernés par ces évolutions, par exemple en matière de télémédecine ou d’objets connectés. Des crédits spécifiques permettront de repérer et de sélectionner très tôt les projets à fort potentiel.

Le timing d'élaboration de la Stratégie nationale de santé

Acte 1 – Eté 2017 : le diagnostic - Le Haut Conseil de la Santé Publique vient de remettre à la ministre son analyse de l’état de santé de la population, de ses déterminants et des stratégies d’action envisageables pour l’avenir.

Acte 2 - Septembre/Octobre 2017 : priorités et concertations - La ministre fixe des axes stratégiques et sollicite la contribution des autres ministères concernés. Elle lance une concertation menée par les directeurs du ministère (DGOS, DGS, DGCS, DSS) auprès des représentants du secteur de la santé, des élus et des usagers. Un premier projet de stratégie nationale de santé est rédigé.

Acte 3 – Novembre 2017 : consultation publique - Un premier projet de stratégie est mis en ligne sur internet pour que les Français puissent poster leurs réactions et propositions. La Conférence nationale de santé et le Haut Conseil de la Santé Publique sont saisis sur le projet pour formuler un avis.

Acte 4 – Décembre 2017 : adoption de la SNS : le Comité interministériel de la santé, qui rassemble l’ensemble des ministres concernés, est réuni sous l’autorité du Premier ministre. Le Gouvernement adopte définitivement la stratégie nationale de santé, publiée sous la forme d’un décret et ce, avant le 31 décembre 2017. En effet, la définition d’une stratégie nationale de santé prend la forme d’un décret depuis la loi de modernisation de notre système de santé de 2016.

Au premier semestre 2018, la Stratégie nationale de santé sera mise en œuvre dans les territoires via des projets régionaux de santé définis par les Agences régionales de santé. Les priorités de la stratégie trouveront ainsi une application concrète et adaptée aux caractéristiques de chaque territoire. Le décret du 28 novembre 2016 prévoit que la stratégie comporte un volet propre à la Corse, à chaque collectivité d’outre-mer (la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, la Réunion et Mayotte ) régie par l’article 73 de la Constitution et à celles de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin et de Saint-Pierre-et-Miquelon (…).

Agnès Buzyn l'avait souligné lors du Conseil des ministres du 30 août dernier, la prévention est l’une des priorités du Gouvernement, comme l’illustrent les mesures déjà annoncées relatives à l’augmentation du prix du tabac et à l’extension des obligations vaccinales pour les jeunes enfants. C’est en faisant de la prévention et de la promotion de la santé une priorité que la France pourra passer de la situation qu’elle connaît - celle d’un pays avec un très bon système de soins - à ce qui doit être son objectif : devenir un pays ayant, dans tous les domaines, un excellent système de santé.

Stratégie nationale de santé : ce que dit le Haut Conseil de la santé publique

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a été saisi pour réaliser l’analyse de l’état de santé de la population, de ses déterminants, des stratégies d’action afin de déterminer les domaines d’action et des objectifs de la Stratégie nationale de santé (SNS). Les principaux constats concernant l’état de santé de la France sont les suivants :

  • une espérance de vie élevée (85,4 ans pour les femmes, 79,3 ans pour les hommes en 2016) mais une mortalité prématurée et une mortalité évitable encore trop élevées et très inégales entre les groupes sociaux et les territoires ;
  • une augmentation constante des maladies chroniques ;
  • des inégalités territoriales et sociales de santé marquées ;
  • un poids croissant des limitations et de la dépendance.

Le HCSP préconise une approche par déterminants de santé, plutôt qu’une approche par pathologie. Ainsi, pour le HCSP, quatre problèmes sont à prendre en compte : les risques sanitaires liés à l’augmentation prévisible de l’exposition aux polluants et aux toxiques, l’augmentation des risques d’exposition de la population aux risques infectieux, l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques et ses conséquences et l’adaptation du système de santé aux enjeux démographiques, épidémiologiques et sociétaux. Les actions qu'il préconise sont les suivantes : une politique de prévention et de promotion de la santé ambitieuse et soutenue, des orientations spécifiques pour un système de santé adapté aux enjeux, le développement de l’innovation en santé, le développement et le soutien à la formation et à la recherche en santé publique, une politique spécifique axée sur la santé des enfants et des adolescents. Pour améliorer la gouvernance, le HCSP préconise que soit élaboré et mis en œuvre un Plan national de santé publique.

En savoir plus et consulter le rapport sur le site du HCSP

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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(19/09/2017 : 13:55)

Journées infirmières de l'installation libérale 2017 - Bordeaux, Toulouse et Paris au ...  Voir?

Les journées infirmières de l'installation libérale (JIIL) connaissent depuis leur création en 2012 par infirmiers.com et ses partenaires, un succès croissant. Chaque année, en effet, plus 500 infirmier(e)s en bénéficient pour envisager sereinement leur projet d'installation et l'anticiper en disposant d'informations précises en la matière. En 2017, 9 dates, à Paris et en province, permettront à tous ceux qui visent le secteur d'exercice libéral d'acquérir toutes les clés nécessaires à la réussite de leur projet. Alors que les premières dates de l'année - le 2 février à Paris, les 30 et 31 mars dans le cadre des 4e Journées nationales des Infirmiers Libéraux (JNIL) au PACI d'Issy-les-Moulineaux , le 15 juin à Paris, le 14 septembre à Lyon - ont fait le plein, les JIIL continuent avec comme ville d'accueil des futurs installés : Bordeaux, le 5 octobre, Paris, le 12 octobre et le 30 novembre et Toulouse le 16 novembre.

JIIL Journée infirmière d'installation libérale

Lors de ces journées, l'approche est réaliste, interactive, et ce, dans une belle synergie où la parole est libre pour aborder toutes les thématiques liées à l'exercice libéral.

Le contexte

Année après année, les Journées infirmières de l'installation libérale (JIIL) accueillent de plus en plus de candidats qui souhaitent quitter l'hôpital et gagner en autonomie en se lançant dans l'aventure libérale. Mais ce n'est pas un « petit » projet et le futur entrepreneur - puisque c'est bien de cela qu'il s'agit ! - se doit de bien connaître les démarches administratives que cela suppose ainsi que l’environnement des soins de ville et des contraintes associées. Telle est la vocation de ces JIIL proposées à Paris (4 dates : 2 février, 15 juin, 12 octobre, 30 novembre) et sa très proche banlieue Issy-les Moulineaux (2 dates : 30 et 31 mars) mais aussi en province (Lyon, le 14 septembre 2017, Bordeaux, le 5 octobre 2017, Toulouse, le 16 novembre 2017) : informer et former, éclairer le propos grâce à l'expertise des différents partenaires avec le soutien de la MNH, la mutuelle de la santé et du social. La journée, animée par une ancienne infirmière libérale (plus de 25 années d'expérience) et formatrice, s'organise en effet autour des différentes interventions de chacun des partenaires : ANGIIL, association de gestion agréée des paramédicaux libéraux, VEGA, CBA, éditeurs de logiciels de télétransmission, BFM, banque française mutualiste,

"Excellente journée qui a répondu à mes attentes. Des intervenants pertinents, très agréables et très pro. Continuez ainsi et merci"
Sophie, le 31 mars 2017, Issy-les-Moulineaux

Une formation très exhaustive...

L'approche est réaliste, interactive, et ce, dans une belle synergie où la parole est libre pour aborder toutes les thématiques liées à l'exercice libéral : formalités administratives, géomarketing, incidences économiques, aides à l’installation, modes d’exercices, nomenclature, télétransmission, assurances, couverture sociale, fiscalité... Et la convivialité sera également au programme…

Les premières journées 2017 ont fait le plein ! Plus de 250 participants prêts à tenter l'aventure avec toutes les cartes en main pour réussir !

Les prochaines dates ouvertes à l'inscription...

Quatre nouvelles dates - le 5 octobre à Bordeaux, le 12 octobre à Paris, le 16 novembre à Toulouse et le 30 novembre à Paris - sont également ouvertes aux inscriptions ! Rendez-vous sur la page dédiée pour vous inscrire et retrouver toutes les informations liées à ces journées d'information et de formation.

Si votre projet d'installation en libéral est là, les JIIL sont là pour vous, vous ne le regretterez pas !

JIIL 2017 - 9 journées à Paris et en province -Lyon, Bordeaux, Toulouse-. Les inscriptions se feront progressivement en ligne sur cet espace dédié. Elles seront annoncées sur le site infirmiers.com et ses réseaux sociaux facebook et twitter.

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Une manifestation

infirmiers.com

En partenariat avec

MNH BFM Angiil Vega logo cba

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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(19/09/2017 : 09:55)

Irma : une chaîne de solidarité proposée par des IDEL  Voir?

Ghislaine Sicre, présidente du syndicat Convergence Infirmière, lance un appel à toutes les URPS pour mettre en place un geste solidaire afin d' aider nos consoeurs et nos confrères des îles Saint Barthélémy et Saint-Martin à effectuer leur mission publique dans des circonstances où ils sont plus que jamais essentiels.

En savoir plus sur convergenceinfirmiere.com

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(19/09/2017 : 07:45)

Infirmiers : dans le top 10 des pires métiers de France  Voir?

La plateforme meilleures-entreprises.com vient de publier un classement des métiers où les salariés sont les moins heureux après avoir interrogé 120 000 Français, et les résultats s’avèrent parfois surprenant. La profession d’infirmier arrive 9e avec seulement 35,5% de personnes satisfaites de leur travail. La palme d’or revient toutefois aux clercs de notaire avec un taux de satisfaction d’à peine 10,3% !


Pour en savoir plus consulter le site des Echos 

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(18/09/2017 : 12:22)

Un sac à dos pour l’école, un moyen pour mieux porter sa maladie  Voir?

A l’occasion de Septembre en Or, mois de mobilisation contre le cancer infantile, 250 sacs à dos pédagogique seront remis aux enfants pris en charge par Gustave Roussy afin de faciliter leur retour en classe parfois anxiogène et souvent compliqué. Ce sac réalisé notamment par l’institut et les Amis de Mikhy contient différents livrets pratiques pour notamment démystifier la maladie.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l'Institut Gustave Roussy

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(18/09/2017 : 12:12)

Déserts médicaux : les infirmiers ne veulent pas être des médecins de substitution !  Voir?

Pour faire face à la démographie médicale et réduire les coûts, la Fédération hospitalière de France (FHF) et l’AP-HP organisent, selon Thierry Amouroux, secrétaire général du syndicat SNPI CFE-CGC, des "soins low cost" dans le cadre d’un système de santé à deux vitesses. Il tire donc l'alarme et s'insurge. Pour lui, "il s'agit d'une brèche grande ouverte dans un dis­po­si­tif jusque-là des­tiné à garan­tir la sécu­rité des patients". Le sujet a fait débat sur RTL qui a reçu successivement aujourd'hui Thierry Amouroux mais aussi Nathalie Depoire, présidente de la coordination nationale infirmière (cf. encadré Champ de compétences élargi pour les IDE : la question du jour dans "les auditeurs ont la parole").

infirmières, médicaments, hôpital

Se recentrer sur leur coeur de métier, le valoriser, plutôt que d'effectuer des actes médicaux... pour les infirmières le choix est clair !

Dans un arti­cle paru sur lesechos.fr le 14 septembre dernier, l’Assistance publi­que-Hôpitaux de Paris (AP-HP) indi­que qu’elle sou­haite passer de 45 soi­gnants impli­qués dans des pro­to­co­les de coo­pé­ra­tion et de pra­ti­que avan­cée à 500 puis 1 000 d’ici à fin 2019. C’est la dixième pro­po­si­tion du « pro­ces­sus Oïkeiosis » , un projet élaboré entre la direc­tion et les méde­cins. Comme la pro­cé­dure actuelle dure 4 ans, l’AP-HP demande au minis­tère de réduire le délai à six mois. De son côté, la Fédération hos­pi­ta­lière de France, qui regroupe les employeurs des hôpi­taux publics, veut également déver­rouiller le régime des pro­to­co­les de coo­pé­ra­tion, avec un avis réputé acquis au bout de deux mois en cas de silence de l’admi­nis­tra­tion. Les infir­miè­res sont déjà débor­dées, aler­tent sur une charge de tra­vail incom­pa­ti­ble avec des soins de qua­lité, crient leur souf­france au tra­vail, mais les direc­tions veu­lent encore char­ger la barque ! souligne Thierry Amouroux.

Le refus d’un simple trans­fert d’actes pour gagner du temps

Et le secrétaire général du SNPI CFE-CGC de rappeler qu'en décem­bre 2012, un son­dage auprès de 13 234 infir­miè­res a montré que 87 % de ces pro­fes­sion­nels infir­miers sont hos­ti­les aux moda­li­tés de ces coo­pé­ra­tions art 51.  Cette mesure déro­ga­toire est mas­si­ve­ment reje­tée car :

  • la for­ma­tion n’est pas vali­dante (sou­vent sur le tas, par le méde­cin qui sou­haite délé­guer cette tâche), et dif­fé­rente d’un endroit à l’autre. Les com­pé­ten­ces sont donc dis­cu­ta­bles, en par­ti­cu­lier la capa­cité de réagir cor­rec­te­ment en cas de pro­blème ou de com­pli­ca­tion ;
  • ces nou­veaux actes sont pra­ti­qués sans reconnais­sance sta­tu­taire. C’est d’ailleurs une fonc­tion « klee­nex », dans la mesure où si le méde­cin s’en va, le pro­to­cole tombe, et l’infir­mière retourne à la case départ ;
  • la déro­ga­tion consiste à auto­ri­ser des pro­fes­sion­nels de santé à effec­tuer des acti­vi­tés ou des actes de soins qui ne sont pas auto­ri­sés par les textes régis­sant leur exer­cice pro­fes­sion­nel : si c’est utile, pour­quoi ne pas le rajou­ter au décret d’acte et à la for­ma­tion ini­tiale ?

Ces pro­to­co­les de coo­pé­ra­tion per­met­tent juste de régu­la­ri­ser des situa­tions exis­tan­tes, de léga­li­ser de petits arran­ge­ments locaux selon Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC. Mais ces pro­to­co­les ne com­por­tent aucune garan­tie pour les usa­gers sur les qua­li­fi­ca­tions et les com­pé­ten­ces des pro­fes­sion­nels impli­qués, ainsi que sur la régu­la­rité et les moda­li­tés de leur exer­cice. Le déve­lop­pe­ment sou­hai­ta­ble des par­ta­ges de com­pé­ten­ces entre pro­fes­sion­nels de santé, ne doit pas être le pré­texte à faire n’importe quoi, juste pour libé­rer du temps médi­cal.

Avec les "coo­pé­ra­tions", ce sont des com­pé­ten­ces per­son­nel­les qui seront attri­buées à des infir­miè­res par­ti­cu­liè­res pour faire des actes à la place des méde­cins. Il y aura des infir­miè­res auto­ri­sées à faire... et des infir­miè­res non auto­ri­sées dans la même unité d’hos­pi­ta­li­sa­tion ! Qui s’y retrou­vera ? Le patient sera informé du pro­to­cole, mais ensuite il ne saura plus qui peut faire quoi dans une même unité de soins poursuit Thierry Amouroux. S’il faut élargir les com­pé­ten­ces infir­miè­res :

  • soit c’est juste rajou­ter un acte tech­ni­que, et il faut alors le rajou­ter au décret d’acte des 600 000 infir­miè­res, intro­duire ce nouvel appren­tis­sage offi­ciel­le­ment dans la for­ma­tion ini­tiale et le vali­der par le diplôme d’État ;
  • soit c’est une nou­velle com­pé­tence, avec une pres­crip­tion médi­cale limi­tée, sur le modèle de la sage-femme, et il faut deux années uni­ver­si­tai­res sup­plé­men­tai­res pour vali­der ces com­pé­ten­ces, dans le cadre du métier d’infir­mière de pra­ti­que avan­cée, validé par un Master, dans un cadre sta­tu­taire clair, sur le modèle de l’IADE.

Deux points de vue ... qui ne se rejoignent pas...

Interview RTL SNPI CFESur RTL, ce lundi 18 septembre, interview croisé de Thierry Amouroux, secrétaire général du SNPI CFE-CGC et Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France autour de la question "un transfert de tâches des médecins vers les infirmiers est-il possible ?"

Interviewé par Yves Calvi dans le cadre de l'émission "6 minutes pour trancher", Thierry Amouroux a souligné d'emblée que les infirmiers sont formés en 3 ans dans le cadre d'une licence et sont contentes de leur métier. Ce ne sont pas des médecins frustrés ou ratés. La techno-structure a l'air de croire que cela va nous faire plaisir de nous rajouter des tâches médicales. Et de rappeler qu'il y a aujourd'hui deux choses différentes : la pratique avancée - pour des infirmières de niveau master qui vont donc faire deux années d'études supplémentaires - et les protocoles de coopération dans ce projet de l'AP-HP qui consistent à envisager que des infirmières fassent "sur le tas" ce que les médecins du service ne veulent pas et ce, sans avoir aucune compétence, aucune formation en la matière, c'est du n'importe quoi...

Frédéric Valletoux, de son côté, considère qu'il ne s'agit pas de substituer un métier à un autre mais de s'adapter à des modes de prise en charge qui évoluent face à une crise du nombre de médecins. De son point de vue, il faut, bien évidemment, accompagner cela par des formations et ce, sans mettre en danger les patients. Il y a des craintes des deux côtés - infirmiers et médecins - qu'il va falloir dépasser car on a besoin de faire évoluer les pratiques.

Thierry Amouroux rappelle que certains de ces protocoles de coopération ne sont pas anodins, notamment en cancérologie, et que l'impact sur la santé des patients est réel. Nous n'avons pas la compétence de prescription, cela n'est pas sérieux !

Les deux points de vue ne semblent se rejoindre que sur l'évidente réalité du moment : la pénibilité des métiers hospitaliers avec leur rythme effréné et les conditions de travail toujours plus difficiles. Pour le reste...

Ecouter l'interview dans son intégralité

Rédaction infirmiers.com

La pra­ti­que avan­cée doi­t se faire en master 2

Pour Thierry Amouroux, la solu­tion réside dans une reconnais­sance offi­cielle et natio­nale de pra­ti­ques, avec une rému­né­ra­tion et une for­ma­tion consé­quen­tes. Plutôt que cette coo­pé­ra­tion, propre à chaque hôpi­tal et à chaque ser­vice, nous sommes en faveur de pra­ti­ques avan­cées dans un cadre clair. Des pra­ti­ques auto­ri­sées après l’obten­tion d’un master 2, comme dans d’autres pays d’Europe. L’infir­mier de pra­ti­que avan­cée aura alors toute sa légi­ti­mité et pourra exer­cer sur tout le ter­ri­toire, comme le fait un IADE aujourd’hui. Et de rappeler qu'en France, le cadre légal de l’infir­­mière de pra­­ti­­que avan­­cée (IPA) est l’arti­­cle 119 de la loi n° 2016-41 du 26 jan­­vier 2016 de moder­­ni­­sa­­tion de notre sys­­tème de santé. Hélas, aucun texte d’appli­ca­tion n’est paru, et les tra­vaux n’ont même pas com­mencé (réfé­ren­tiel d’acti­vité, de com­pé­ten­ces, de for­ma­tion, cadre sta­tu­taire et grille sala­riale). Environ 200 infir­miè­res de pra­ti­que avan­cée ont déjà été for­mées à l’Université d’Aix Marseille, le Master scien­ces cli­ni­ques infir­miè­res (can­cé­ro­lo­gie, géron­to­lo­gie, par­cours com­plexes de soins) et à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, le Master Sciences cli­ni­ques en soins infir­miers (santé men­tale, mala­dies chro­ni­ques, dou­leur et soins pal­lia­tifs). Il faut étendre ces Masters, en com­bi­nant la valo­ri­sa­tion de la VAE et la for­ma­tion uni­ver­si­taire pro­fes­sion­na­li­sante.

Ce nou­­veau métier ne concer­­nera que quel­­ques mil­­liers de per­­son­­nes, sur l’ordre de gran­­deur des effec­­tifs actuels d’infir­­miè­­res spé­­cia­­li­­sées (IADE, IBODE, pué­­ri­­cultri­­ces). A l’étranger seu­le­ment 5% des infir­miè­res font de tels mas­ters, mais cet échelon inter­mé­diaire entre l’infir­mière à Bac +3 et le méde­cin à Bac +9 est indis­pen­sa­ble, en par­ti­cu­lier pour la prise en soins des patients chro­ni­ques et des per­son­nes âgées.

Une perte de chance pour les patients

Véritable mani­pu­la­tion des textes offi­ciels sur les actes et com­pé­ten­ces des infir­miè­res, ce "pro­to­cole de coo­pé­ra­tion" entre indi­vi­dus, est une brèche grande ouverte dans un dis­po­si­tif jusque là des­tiné à garan­tir la sécu­rité des patients : for­ma­tion ini­tiale basée sur un pro­gramme offi­ciel fixé par arrêté, évaluation des com­pé­ten­ces acqui­ses par le moyen d’un examen, et attri­bu­tion d’un diplôme d’Etat habi­li­tant à un exer­cice règle­menté et pro­tégé, au nom de la santé publi­que et de la sécu­rité des patients. Selon le rap­port de la HAS, sur 91 deman­des, seu­le­ment 25 pro­to­co­les dif­fé­rents ont été auto­ri­sés, pour 1190 pro­fes­sion­nels (430 délé­gués et 760 délé­gants). A lui seul, le pro­to­cole ASALEE (tra­vail en équipe pour la prise en charge du dia­bète) repré­sente 487 pro­fes­sion­nels méde­cins et IDE. Certains pro­to­co­les sont des trans­ferts d’actes tech­ni­ques :

  • réalisation de ponc­tion médul­laire en crête ilia­que ;
  • réalisation de bilan uro­dy­na­mi­que ;
  • prélèvements de cor­nées sur per­son­nes décé­dées

Mais en 2013, à la demande de l’APHP, l’ARS Ile-de-France a auto­risé un pro­to­cole d’une toute autre nature « Consultation infir­mière de suivi des patients trai­tés par anti­can­cé­reux oraux à domi­cile, délé­ga­tion médi­cale d’acti­vité de pres­crip­tion ». Dans ce pro­to­cole, les actes réa­li­sés par l’IDE et leur nature déro­ga­toire sont pré­ci­sés pages 3 et 4 :

  • prescription d’exa­mens bio­lo­gi­ques et radio­lo­gi­ques selon des cri­tè­res stricts en fonc­tion de pro­to­co­les vali­dés spé­ci­fi­ques à chaque molé­cule et leur inter­pré­ta­tion suivie de déci­sion ;
  • réponse à des ques­tions médi­ca­les et déci­sion d’orien­ta­tion du patient ;
  • prescription de cer­tains médi­ca­ments à but symp­to­ma­ti­que pour trai­ter les effets indé­si­ra­bles des trai­te­ments anti­can­cé­reux (la pres­crip­tion de médi­ca­ments ne concerne pas les anti­can­cé­reux eux mêmes) : antié­mé­ti­ques ; anxio­ly­ti­ques ; anti­bio­ti­ques de la classe des cycli­nes, anti-diar­rhéi­ques, topi­ques cuta­nés ;
  • décision de renou­vel­le­ment de la chi­mio­thé­ra­pie orale selon la recom­man­da­tion du pro­to­cole spé­ci­fi­que, après appré­cia­tion cli­ni­que et inter­pré­ta­tion de comp­tes rendus d’exa­mens para­cli­ni­ques.

Certains patients seront donc vus par un can­cé­ro­lo­gue, d’autres par une infir­mière pro­to­co­li­sée : n’y a t-il pas là une méde­cine à deux vites­ses ? Et une perte de chance pour cer­tains patients ? Les patients "du sec­teur privé" paie­ront pour voir le can­cé­ro­lo­gue, mais ceux qui n’ont pas les moyens ? A noter que le « pro­ces­sus Oïkeiosis » de l’AP-HP, est un mot créé par les stoï­ciens, connus pour faire preuve d’une impas­si­bi­lité devant le mal­heur et la dou­leur. Sénèque fût conseiller de Caligula et pré­cep­teur de Néron : tout un pro­gramme !

Champ de compétences élargi pour les IDE : la question du jour dans "les auditeurs ont la parole"

La question des déserts médicaux et l'élargissement des tâches aux infirmières qui pourrait y être lié fait débat aujourd'hui dans les médias nationaux. Dans le cadre de l'émission "Les auditeurs ont la parole", à 13h sur RTL, Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière (CNI) était invitée à réagir en même temps que des auditeurs infirmiers. Pour elle les choses sont claires, si le sujet n'est pas nouveau - les protocoles de coopérations existent depuis plusieurs années - il n'y a aucun cadrage national en la matière. Il s'agit donc si la définition du rôle des infirmiers dans le système de santé doit évoluer de réviser notre décret de compétences, ce que nous demandons, ce qui serait la première mesure de bon sens. Il n'est pas question de faire "à la place de" mais d'avoir un champ de compétences élargi (prescrition d'antalgiques de palier 1, par exemple), reconnu et ainsi valorisé - y compris financièrement. Une infirmière libérale qui réagissait également a souligné l'importance d'un cadre juridique afin de sécuriser la pratique infirmière mais aussi la sécurité des soins prodigués aux patients. Et de mettre en garde contre des glissements de tâches qui peuvent être délétères en cas de problème... Une autre infirmière libérale l'a rappelé également, valoriser déjà ce que nous faisons, et ensuite accroître le niveau de compétences.  L'urgence pour Nathalie Depoire dans une perspective progressive est de cadrer les fondamentaux du métier infirmier.

Rédaction infirmiers.com

Ne pas confon­dre les "délé­ga­tions de tâches de l’art 51" avec la "pra­ti­que avan­cée"

Dans 25 pays, 330 000 infir­miè­res en pra­ti­que avan­cée peu­vent dis­po­ser de telles com­pé­ten­ces après deux années d’études sup­plé­men­tai­res vali­dées par un Master. Toutes les études scien­ti­fi­ques ont prou­vées l’inté­rêt de ce métier inter­mé­diaire entre l’infir­mière à Bac +3 et le méde­cin à bac +9 ou +12. L’exem­ple a été donné par les USA dans les années 1960, et il y a aujourd’hui 158 348 « infir­miè­res pra­ti­cien­nes » et 59 242 « infir­miè­res cli­ni­cien­nes spé­cia­li­sées », toutes titu­lai­res d’un Master. En Europe, de l’Irlande à la Finlande, ces infir­miè­res diplô­mées d’un Master peu­vent pres­crire des médi­ca­ments et assu­rer le suivi des patients chro­ni­ques. Dans ce pro­to­cole de l’ARS Ile-de-France, la seule ambi­tion est de gagner du temps médi­cal, avec une for­ma­tion plus que sym­bo­li­que (pages 9 et 10) :

  • une for­ma­tion théo­ri­que de 45 heures, vali­dée par une simple attes­ta­tion de suivi de la for­ma­tion ! ;
  • une for­ma­tion pra­ti­que de 20 heures, consis­tant à avoir par­ti­cipé à des consul­ta­tions médi­ca­les avec deux à trois onco­lo­gues médi­caux (soit entre 20-25 mala­des vus), avant de réa­li­ser 10 consul­ta­tions super­vi­sées par un méde­cin avec pres­crip­tions de trai­te­ments des effets indé­si­ra­bles des anti­can­cé­reux et d’exa­mens (bio­lo­gi­ques, radio­lo­gi­ques).

Avec 50 ans de recul, les pays anglo-saxons esti­ment néces­sai­res deux années uni­ver­si­tai­res sup­plé­men­tai­res pour vali­der ces com­pé­ten­ces, mais pour l’ARS d’Il-de- France, avec 45 heures de pré­sence, une infir­miè­res est jugée léga­le­ment apte à pres­crire cinq types de médi­ca­ments ! dénonce Thierry Amouroux. Si l’on reste dans cette logi­que, alors cela revient à esti­mer qu’en une année une infir­mière serait apte pres­crire tous les médi­ca­ments, ou même à rem­pla­cer un méde­cin ? Si 45 heures de pré­sence pour pres­crire ces médi­ca­ments, ce n’est pas dan­ge­reux pour les patients, com­ment jus­ti­fier qu’il faille encore neuf années labo­rieu­ses pour former un méde­cin ? Pour faire face à la démo­gra­phie médi­cale, les auto­ri­tés pré­pa­rent elles des soins low cost dans le cadre d’un sys­tème de santé à deux vites­ses ? pré­cise-t-il. Pire, ce pro­to­cole est pro­posé par un établissement de l’AP-HP, mais l’ARS d’Ile-de-France l’a validé pour tout lieu d’exer­cice de l’onco­lo­gue : établissement de santé, cabi­nets médi­caux… !

Par ailleurs, on ne peut accep­ter de vali­der des acquis par une for­ma­tion au rabais, un examen entre soi, ou une attes­ta­tion de pré­sence sur une chaise. Car avec un tel pro­to­cole déro­ga­toire, qui sera res­pon­sa­ble en cas d’erreur dom­ma­gea­ble pour le patient, voire de faute ?

  • l'ARS qui habi­lite ces pro­fes­sion­nels pour un pro­to­cole de coo­pé­ra­tion ? ;
  • la HAS qui aura validé le pro­to­cole ? ;
  • l’établissement de santé qui en sera le béné­fi­ciaire ? ;
  • le méde­cin qui aura délé­gué sa tâche ? ;
  • l’infir­mière qui pra­ti­quera un exer­cice sous cou­vert d’une "coo­pé­ra­tion" déro­ga­toire aux actes auto­ri­sés ?

Ce pro­to­cole contesté a fait l’objet :
- de recours gra­cieux du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI CFE-CGC devant l’ ARS, le minis­tère et la Haute Autorité de Santé HAS (4 mars 2013) ;
- d’une sai­sine du Défenseur des Droits, Dominique Baudis (20 mars 2013) ;
- d’une mis­sion par­le­men­taire de la Commission des Affaires Sociales du Sénat, sous la copré­si­dence de Catherine Genisson et Alain Milon (26 mars 2013) ;
- d’une sai­sine du Haut Conseil de la Santé Publique par le Conseil de l’Ordre des Infirmiers d’Il-de-France, car contraire aux règles de bonnes pra­ti­ques (22 avril 2013) ;
- d’une inter­syn­di­cale, qui doit être reçue par le Cabinet de la Ministre en juin 2013 ;
- d’une condam­na­tion du Haut Conseil des Professions Paramédicales qui a demandé son retrait.

Thierry AMOUROUX
Secrétaire général du SNPI CFE-CGC
Cet article est paru sur le site du SNPI CFE-CGC le 17 septembre 2017.
Encadrés Rédaction infirmiers.com

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(18/09/2017 : 11:34)

"Il faut panser et repenser notre formation"  Voir?

Une étude menée par la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI) auprès de 14 000 étudiants issus de 18 régions métropolitaine et outre-mer alarme sur leur état de santé physique et mentale. La moitié d'entre eux estiment que leur état de santé s’est dégradé depuis leur entrée en formation et 75% d'entre eux évoquent un état d'épuisement physique. Infirmiers.com revient sur le détail des chiffres avancés, représentatifs d'une situation très proccupante, comme l'a explicité ce matin le président de la Fnesi Clément Gautier dans la matinale de France Inter

Infirmière dépression triste

Une enquête édifiante, voire très inquiétante, qui devrait pousser les pouvoirs publics à envisager très sérieusement une amélioration notable des conditions de formation. Il en va de la bonne santé de la profession infirmière de demain.

Le questionnaire de la Fnesi, composé de 44 questions, portait sur plusieurs points cruciaux répartis en quatre thèmes : la situation de l'étudiant, ses finances, sa santé et son vécu lors de sa formation. Les résultats obtenus dressent un tabeau inquiétant de la situation des ESI. Stress, dépression, sentiment de mal-être, mauvaise santé physique les poussent parfois à remettre en cause leur formation, à envisager de renoncer ou pire, à des tentatives de suicide. Une situation alarmante à plus d'un titre, à laquelle la Fnesi entend apporter sinon des solutions, du moins des pistes concrètes. 

De manière globale, des comportements à risque émergent chez 31,5% des ESI depuis leur entrée en formation, qu'il s'agisse de conduite en état d'ivresse, de rapports sexuels non protégés ou de consommation d'alcool et/ou de drogue. 

Santé physique et morale : un tableau peu reluisant 

Sur le plan de la santé physique pour commencer, les résultats de l’enquête sont préoccupants, relève la Fnesi et mettent en avant une dégradation de la santé physique des ESI. Ils/elles sont 50,6%  à estimer qu’elle s’est dégradée depuis leur entrée en formation. Ce chiffre atteint même les 60% chez les étudiant.e.s en 3e année. De plus, 18,8% des ESI se déclarent en mauvaise voire très mauvaise santé. Dans le détail, 40,5% d'entre eux admettent ne pas faire de sport du tout et parmi les étudiants qui font du sport, 69% constatent que cette pratique a diminué, alors même que l'on connaît les bienfaits de l'activité physique sur la santé. 

Même révélations inquiétantes sur le plan du sommeil : la quantité de sommeil est déclarée insuffisante ou très insuffisante pour 66,3% des ESI. Ils sont également 7,8% à déclarer prendre des somnifères depuis leur rentrée en formation. L'enquête de la Fnesi note également que la fréquence de l'épuisement physique est un autre élément notable de son étude. Une fois de plus, dans le mauvais sens du terme puisque 75,4% des étudiants se déclarent épuisés physiquement, dont 14,4% tout le temps. Plus généralement, ils sont 26,2% à s'estimer en mauvaise voire très mauvaise santé psychologique.  Des chiffres d'autant plus alarmants qu'ils contrastent avec les chiffres de la population étudiante globale, révélés par l'enquête EMEVIA sur l'année 2015 et qui révélaient que 94,7% des étudiants (toutes filières confondues) estimaient être plutôt en bon état de santé

La Fnesi explique entre outre s'être intéressée à la consommation de substances psychoactives et/ou tératogènes (légales ou non) parmi les ESI. Les étudiants en soins infirmiers sont ainsi 21,7% de consommateurs /trices de substances illicites, le cannabis arrivant en tête des drogues les plus consommées depuis l'entrée en formation, par 18,8% d'entre eux. De manière globale, des comportements à risque émergent chez 31,5% des ESI depuis leur entrée en formation, qu'il s'agisse de conduite en état d'ivresse, de rapports sexuels non protégés ou de consommation d'alcool et/ou de drogue

conduite à risque étudiants IFSI

Je ne fumais presque jamais avant d'entrer en IFSI, puis j'ai augmenté progressivement ma consommation de cannabis à cause du stress presque permanent. 

Des témoignages édifiants 

La Fnesi relaie la parole anonyme de plusieurs étudiants en soins infirmiers pour étayer ses résultats. Certains parlent ainsi d'un épuisement psychologique à long terme (stress, manque d'envie, manque de confiance, etc) qui les amène à envisager de quitter la formation. D'autres décrivent des études épuisantes, où l'on prône le bien-être du patient mais où celui des ESI est oublié. Ces conditions de formation très dégradées ne sont pas sans conséquence sur la régularité de l'apprentissage. Ainsi, 55,2% des ESI déclarent avoir déjà été en arrêt maladie depuis leur entrée en formation. Un étudiant va même jusqu'à évoquer une tentative de suicide suite à un stage qui s'est mal passé. Un autre décrit une perte de poids de 10 kilos au cours de sa première année. Je ne compte plus les nouvelles douleurs que mon esprit inflige à mon corps faute de pouvoir s'exprimer de vive voix. Je craignais ma rencontre avec les patients à l'entrée en formation. Aujourd'hui, ce sont les soignants que je crains, conclut ce dernier.

abandon études IFSI

Mal-être psychologique 

La Fnesi observe encore l'émergence d'un mal-être psychologique particulièrement inquiétant : 52,5% des ESI déclarent ainsi que leur santé mentale s'est dégradée depuis leur entrée en formation. Chez les 3e année, ce chiffre dépasse même les 62%. Un épuisement fréquent ou permanent qui touche près de 62% des étudiants en soins infirmiers. Premier responsable pointé du doigt : le haut degré de stress couplé à un mauvais encadrement. En effet, 78,2% des ESI se déclarent tout le temps ou souvent stressés. (Le chiffre atteint les 86% en 3e année !) Les infirmiers en devenir souffrent ainsi de crises d'angoisse (pour près de 34% d'entre eux), de dépression (pour 19% d'entre eux) ou nourrissent, même, des idées suicidaires (7,4% d'entre eux). Pour autant, les étudiants ne saisissent pas forcément l'occasion de faire la démarche d'appeler au secours. Ils ne sont que 13,8% à faire la démarche de consulter un professionnel de la santé mentale.

Clément Gautier, interviewé dans la matinale de France Inter, préconise un Observatoire sur les étudiants en santé. Ecoutez son intervention en intégralité.

Une précarité étudiante flagrante

La FNESI le relevait déjà le lundi 28 août dernier lors de la présentation d'une grande enquête sur le coût de la rentrée étudiante. En 2017, un étudiant en soins infirmiers doit débourser 7,22% de frais supplémentaires par rapport à un autre étudiant, notamment à cause de frais spécifiques à la formation en IFSI. Une situation jugée préoccupante par la Fnesi, qui ajoute à la précarité étudiante des ESI : 76,5% des étudiants en soins infirmiers estiment être obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins financiers (65% d'emplois saisonniers et 22% de travail hebdomadaire). Or, 51,6% des ESI jugent que le fait de devoir travailler a un impact négatif sur leurs études. De façon plus général, ils sont 48% à estimer avoir une mauvaise santé financière. 

Harcèlement à l'hôpital, solitude, les raisons du mal-être sont multiples 

Les témoignages apportés à l'enquête de la Fnesi ciblent plusieurs raisons à ce mal-être général : pression continue en stage ou face à la formation, précarité ou encore fatigue. Nombre d'entre eux évoquent surtout une grande solitude, un isolement, un manque de soutien de la part du personnel encadrant durant la formation. Autre raison invoquée : le harcèlement sur les lieux de stage. Harcelée moralement pendant un stage il y a un an, cela m'a conduite à une dépression. J'ai vécu ce stage comme un réel traumatisme, témoigne par exemple une étudiante. Concrètement, 38% des ESI s'estiment jamais ou rarement soutenu psychologiquement par leur équipe pédagogique et/ou direction. Le harcèlement moral à l'hôpital, est un tabou largement ancré dans les moeurs, soulignait déjà le Dr Valérie Auslender dans son ouvrage "Omerta à l'hôpital". La FNESI, bien sûr, ne s'en tient pas au constat. L'Association représentative des étudiants propose des solutions. La première urgence, révélée par cette enquête, est bien la prise de conscience du problème avant de pouvoir mettre en place des réponses adéquates. Le plus tôt sera le mieux.

Un mal-être certain, des solutions possibles

Face aux conditions de vie préoccupantes des ESI révélées par cette enquête, la FNESI se veut une force de propositions afin d’enrayer le phénomène. Avant tout, elle souligne que lintégration universitaire serait une solution à de nombreux problèmes. Elle permettrait notamment une reconnaissance des soins infirmiers comme une science à part entière. De même, les ESI auraient plus facilement accès aux Services Universitaire des Activités Physiques et Sportives (SUAPS) et aux services de soins gratuits des Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé (SUMPPS), ce qui améliorerait leur état de santé tant physique que psychologique. Le fait de bénéficier des services du CROUS comme les restaurants ou les logements universitaires paraît un moyen efficace pour endiguer la précarisation financière de ses étudiants. Par ailleurs, un versement un amont des frais de déplacement et des indemnités de stage mensualisées permettrait aux étudiants de mieux gérer leur budget déjà limité. D’autre part, la Fédération n’en reste pas là et demande à ce qu’un observatoire du bien-être des étudiants en santé soit mis en place afin de récolter et d’analyser aux mieux les problématiques rencontrées sur la totalité du territoire. Toujours selon la FNESI, il serait nécessaire de mener des actions de prévention adaptées face aux conduites à risques constatés dans cette population estudiantine particulière. Ainsi, il semble essentiel de développer des innovations pédagogiques afin de favoriser l’écoute des ESI. Par exemple, des groupes de paroles avec la collaboration d’un acteur extérieur leur offrirait la possibilité de s’exprimer en toute confiance, sinon un suivi individuel serait envisageable. Ces évolutions semblent d’autant plus primordiales au moment des stages qui reste parfois mal vécu par les étudiants. C’est pour que cette période délicate se passe dans les meilleures conditions que la formation des tuteurs doit être considérés comme essentielle. En outre, davantage de moyens humains optimiseraient l’encadrement des ESI. Enfin, la fédération suggère la mise en place d’une évaluation obligatoire des étudiants de leurs lieux de stage. Cette politique de formation comme l’accueil, l’encadrement ou le suivi des stagiaires devrait figurer dans la politique des centres hospitaliers, ce qui jouerait dans l’accréditation des établissements de santé par la HAS.

étudiante mal-être Fnesi

Susie BOURQUINJournaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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(18/09/2017 : 07:28)

Reconversion professionnelle : les cadres visent le sanitaire et médico-social  Voir?

Pour des raisons multiples, de plus en plus de cadres issus d’autres secteurs d’activité se reconvertissent aujourd’hui dans ceux du sanitaire et du médico-social, plutôt porteurs en termes d’emplois, de sens et de valeurs d’engagement. Focus et témoignages sur une démarche qui s’effectue surtout à l’occasion d’une rupture de contrat, et qui, choisie ou subie et quels qu’en soient les ressorts, ne s’improvise pas et implique même sans conteste un travail sur soi.

Secrétaire administratif

La reconversion professionnelle devient souvent un passage obligé, d’autant plus que l’on sait que 50% des jobs qui existent aujourd’hui auront disparu d’ici 2025.

Qui n’a pas un jour ressenti ardemment le désir de changer de secteur professionnel, de métier, voire de statut ? À l’heure de la flexi-mobilité, où le changement est sinon érigé sur un piédestal du moins nécessaire et valorisé, bon nombre de professionnels sautent le pas chaque année. 56 % des actifs ont ainsi déjà changé de métier ou de secteur d’activité au cours de leur carrière1. L’idée de changer de métier plusieurs fois au cours de sa vie professionnelle est même une quasi-évidence chez la jeune génération d’actifs. Car oui il faut aussi le souligner : si la reconversion professionnelle – qui implique un changement important, voire dans certains cas une rupture dans une trajectoire professionnelle – correspond à un choix personnel volontaire pour une majorité de personnes, elle peut aussi s’avérer un passage obligé en cas de chômage ou de risque de perte d’emploi sachant par ailleurs que 50% des jobs qui existent aujourd’hui auront disparu d’ici 2025. Une reconversion dite « subie » qui concerne déjà aujourd’hui bon nombre de professionnels issus de secteurs d’activité en déclin, sinistrés ou aux métiers « fragiles ».

En amont de la démarche de reconversion professionnelle, rien de mieux que d’interroger des gens du secteur pour un bon éclairage terrain et voir si notre idée est conforme à la réalité du métier.

Fil conducteur et points communs

Dans ce contexte, le sanitaire et le médico-social semblent tirer leur épingle du jeu. Ils s’avèrent même plutôt porteurs pour les cadres issus de ces secteurs en déclin qui y trouvent davantage d’opportunités de postes conjuguées à d’autres atouts/ ressources (sens donné au travail, travail avec de l’humain, meilleure conciliation vie professionnelle/vie privée…).

C’est ainsi le cas de Frédéric Pitois. Officier dans l’armée de terre pendant une quinzaine d’années, ce dernier initie en 2008 une reconversion partielle dans la logistique en tant que directeur de plateforme, avec  une certaine continuité métier sur le sens et le service rendu. Mais faute d’épanouissement, il décide, quatre ans plus tard, de véritablement bifurquer dans le médico-social : Je me suis posé trois questions : dans quel secteur pourrais-je transférer mes compétences déjà acquises ? Quel était l’avenir de ce secteur ? Enfin, pour faire quoi d’utile ? […] Je suis alors arrivé au secteur médico-social et sur le métier de directeur d’établissement. Grâce à l’exploitation de son réseau, il se porte candidat au bon endroit au bon moment et décroche un poste de direction d’Ehpad dans le secteur non lucratif. Trois ans plus tard, l’ex-militaire, alors âgé de 47 ans, a encore envie d’évoluer. Sa rencontre avec Richard Capmartin, du cabinet RC Human Recruitment (voir encadré), qui pointe de nombreuses compétences transférables (leadership, expérience avérée du management, de la gestion ou direction d’établissement, fréquentation au sens large des équipes médicales…), va lui ouvrir une nouvelle porte dans le sanitaire cette fois-ci. Et après une longue procédure de recrutement (cinq entretiens), il obtient en septembre 2016 la direction d’une clinique privée SSR polyvalente flambant neuve dans la métropole rouennaise. De cette expérience de reconversion, il dégage un fil conducteur majeur : le travail de l’humain pour de l’humain et de l’engagement, et des points communs tels l’altruisme et l’esprit d’équipe notamment.

Autre parcours tout aussi riche d’enseignements, celui d’Élisabeth Bouchara. Après une première partie de carrière sur des fonctions commerciales orientées à l’export sur différentes zones du monde, celle-ci saisit l’opportunité de s’installer au Royaume-Uni pour développer une entreprise dans l’agroalimentaire, et ce, avec toujours la même volonté de porter le service et le produit de qualité français à l’étranger et vice versa. Dix ans plus tard, cette professionnelle bilingue et multisectorielle rentre en France et s’interroge sur son métier qui, entre autres, nécessite beaucoup de déplacements. L’envie de mettre davantage l’humain au cœur de son activité, d’ un travail au connexe du médical la rattrape, elle qui a de longue date une appétence à l’endroit des personnes âgées et fragiles. Elle opte alors elle aussi pour le médico-social, un vrai choix d’évolution sectorielle, un secteur où elle peut aussi transférer ses compétences de gestionnaire d’entreprise et de commercial au service de ces personnes. Après un premier poste de direction adjointe au sein du Noble Age, une fois son Cafdes en poche, elle change de groupe (Korian) afin de rester en région parisienne – le groupe LNA a surtout des établissements situés en province – et prend la direction d’un établissement. Puis en septembre dernier, elle rejoint Orpea-Clinea et prend la direction de l’Ehpad le plus haut de gamme du groupe. À bientôt 57 ans, avec déjà dix années passées dans le secteur du médico-social, ce médecin non réalisé, comme elle se plait à le dire, formule pour les prochaines années une ultime orientation dans le sanitaire en visant la direction d’une clinique ou d’un centre de soins palliatifs.

Reconversion : la question de la motivation est également essentielle, surtout dans le cas du secteur médico-social, secteur complexe sur le plan de la réglementation, des contraintes financières…

Le conseil en évolution professionnelle, quésako ?

Dans le cadre d’une démarche de reconversion professionnelle, il peut s’avérer utile de bénéficier du conseil en évolution professionnelle (CEP). Gratuit, sur mesure, ouvert à tous les actifs, ce dispositif d’accompagnement2 permet, avec un consultant-référent, de faire le point sur sa situation et ses projets professionnels, et engager le cas échéant un projet d’évolution professionnelle (reconversion, reprise ou création d’activité…). À noter : les cadres intéressés doivent passer par l’Apec pour contacter leur conseiller CEP.

Ne rien laisser au hasard

Deux parcours, deux reconversions professionnelles parmi d’autres qui toutefois n’ont rien laissé au hasard. D’abord au niveau de l’appréhension du métier visé. En amont de la démarche de reconversion professionnelle, rien de mieux, en effet, que d’interroger des gens du métier/du secteur pour avoir un bon éclairage terrain et voir si cela est conforme à ce que l’on s’imagine. Grâce à une connaissance de mon entourage [un directeur d’Ehpad en l’occurrence, NDLR], j’ai entrepris une enquête métier complète qui m’a permis de faire une vraie découverte métier témoigne Frédéric Pitois. J’ai visité quelques maisons de retraite afin d’avoir une représentation du poste et des responsabilités renchérit Élisabeth Bouchara.

Côté formation, il est par ailleurs souvent nécessaire de compléter celle initialement suivie. J’avais une formation initiale juridique. Mais le master 2 « Administration des entreprises » que j’ai effectué à l’IAE d’Orléans après ma reconversion partielle m’a permis de me remettre à jour sur le code du travail notamment, explique Frédéric Pitois. […] Plus récemment, lors de sa dernière prise de poste, le directeur de clinique a bénéficié de trois semaines de séminaire d’intégration et d’un parcours de formation à un DU de direction des établissements et services sanitaires et médico-sociaux (ESSMS). Et ce dernier d’ajouter : Il y a un gros investissement en formation, notamment sur les outils de pilotage et sujets cœur de métier (sécurité, maintenance…). Élisabeth Bouchara avait une formation Dauphine initiale (DESS/master 2 commerce international). Toutefois, faute de légitimité dans le secteur, elle décide de reprendre ses études à 47 ans pour suivre pendant près de 2 ans et demi la formation Cafdes à l’EHESP. Une reprise d’études qui n’est pas toujours évidente et qui demande de l’humilité et une certaine faculté à se remettre en position d’apprentissage.

La question de la motivation est également essentielle. Le secteur médico-social est particulièrement complexe du fait de la réglementation, des contraintes financières dans le secteur lucratif voire même dans l’associatif. Pour y faire face, la motivation est donc indispensable, précise la directrice d’exploitation au sein du groupe Orpea.

Une démarche de reconversion professionnelle prend du temps. Il faut en être conscient et en aviser son entourage pour éviter d’éventuels soucis côté vie personnelle et familiale.

Interview : 4 questions à Richard Capmartin, président/fondateur de RC Human recruitment, cabinet de conseil et de recrutement des professionnels de santé.

Quels conseils donneriez-vous aux cadres intéressés par une reconversion professionnelle ?

Richard CapmartinRichard Capmartin : C’est forcément une période compliquée. Outre certains aspects financiers (perte de revenus), la crainte de s’être trompé, ou encore le fait de ne pas être compris par son entourage ne doivent pas être occultés. De fait, il est important de se poser les bonnes questions au démarrage dans sa recherche pour le secteur. Le projet doit aussi être bien défini et bien cadré (ne pas partir sans filet). Une fois tout ceci bien calé, les objectifs vérifiés, la reconversion représente alors une réelle opportunité.

La formation est-elle incontournable ?

RC : Oui quasiment. Pour rejoindre le secteur de la santé ou celui du médico-social, une formation diplômante de niveau 1 étayée par des stages dans des établissements est requise. Elle permet en effet aux candidats en reconversion de s’approprier les codes, le langage du secteur ciblé, et de mesurer leur capacité à prendre un poste de direction. Ainsi, il faut savoir qu’une reconversion professionnelle prend du temps, deux ans en moyenne.

Quelle est l’attitude des recruteurs des secteurs sanitaire et médico-social à l’égard des candidats qui se sont reconvertis et qui n’ont donc pas d’expérience sectorielle à leur actif ?

RC : Ils font preuve d’une certaine frilosité. En fait, ils attendent surtout de la part des candidats qu’ils justifient leur choix de reconversion. La « première » vie professionnelle est en effet très étudiée (via les transferts métier, les stages réalisés, le contenu du mémoire réalisé en master…). En général, ils ne leur confieront pas d’emblée la direction d’un établissement, leur proposant plutôt un poste d’adjoint et d’appui sur des fonctions support. Mais après leur appropriation des codes, savoir-faire et savoir être de ces secteurs, tout est possible !

Quel est le rôle du cabinet RC Human Recruitment en la matière ?

RC : À travers notre prestation coaching professionnel, nous recrutons des candidats entre 40 et 50 ans qui souhaitent des conseils de formation, d’enjeux de secteur, d’attendus du poste pour bien être certains avant de démarrer un parcours de reconversion ou qui l’ont déjà réalisé. Nous les accompagnons afin de valider leurs véritables motivations (justification de leur choix de reconversion), faire émerger les parallèles métiers (management, travail en réseau…), ou encore valoriser leur première partie de carrière, notamment en termes de capacités et ressources.

Richard Capmartin, président/fondateur de RC Human recruitment

Des sacrifices financiers et en temps passé

L’aspect financier ne doit pas non plus être occulté. On le sait, le secteur sanitaire et plus encore celui du médico-social notamment ne sont pas parmi les plus rémunérateurs pour les cadres. Ces derniers doivent donc bien l’avoir en tête lorsqu’ils envisagent de s’y reconvertir. J’ai dû faire sans revenus pendant la moitié de mon année de reconversion à la fac. Puis j’ai subi deux pertes de salaire successives – dans les deux postes de logistique et de médico-social NDLR – avant de seulement revenir à niveau dans le sanitaire quelques années plus tard, raconte Frédéric Pitois. Le différentiel de revenus est une réalité confirme Élisabeth Bouchara.

Last but not least (enfin et surtout), une démarche de reconversion professionnelle prend du temps. Là encore il faut en être conscient et en aviser son entourage pour éviter d’éventuels soucis côté vie personnelle et familiale. On ne compte pas ses heures au moins les six premiers mois qui suivent la prise de poste car il faut combler des manques (réglementation, conventions tripartites…). Par rapport à un professionnel issu du secteur, il faut fournir une implication, un investissement personnel supplémentaire note l’ex-officier de l’armée de terre. On l’aura compris, la reconversion professionnelle est une démarche complexe qui ne s’improvise pas. Mais elle peut être pour les cadres, ouverts au changement, mobiles et motivés et pour ceux issus de secteurs en déclin, une vraie opportunité pour rebondir, notamment dans des secteurs porteurs comme le sanitaire et le médico-social.

La reconversion professionnelle, un atout en entreprise

75 % des chefs d’entreprise/DRH qui ont reçu ou recruté des candidats en reconversion considèrent que les reconversions constituent davantage un atout qu’un inconvénient dans un processus de recrutement* Ils estiment que les salariés en reconversion sont plus motivés, apportent de la diversité et une nouvelle vision du métier.

*Source : enquête COE-Opinonway « Opinions et attitudes des employeurs face aux reconversions professionnelles » réalisée auprès de 993 chefs d’entreprise et DRH, avril-mai 2013

Valérie Hedef   Journaliste  valerie.hedef@orange.fr

Notes

  1. Enquête Ipsos/Afpa 2012
  2. Ce service est disponible auprès de cinq opérateurs habilités à le délivrer : l’Apec, Pôle Emploi, l’Opacif et le Fongecif, les missions locales et Cap Emploi.

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(18/09/2017 : 06:55)

Accidents d'exposition au sang : 2017 année de transition  Voir?

Les AES sont parmi les accidents du travail les plus fréquents en milieux de soins. Ils peuvent être responsables de la transmission de maladies infectieuses. Des séroconversions ont ainsi été documentées dans la surveillance nationale des contaminations professionnelles par le VIH, le VHC et le VHB conduite par Santé Publique France (ex InVS) et transférée au GERES à compter du 1er mai 2017.

Seringue prise de sang

A l'hôpital, comme en ville, la manipulation des aiguilles reste le principal type d'exposition aux AES signalée.

Dans les établissements de santé, ces accidents, bien documentés, ont conduit à la mise en place de programmes de prévention adaptés. Deux enquêtes du GERES conduites à 10 ans d’intervalle1 avaient montré une diminution d’un facteur 4 du risque d’AES par piqûres chez les infirmiers : de 26 piqûre/100 infirmiers/an en 1990 à 7 en 2000.

Précautions standards, matériels de sécurité… font leurs preuves

Les données de la surveillance nationale des AES, coordonnée par le RAISIN et associant le GERES, effective de 2003 à 20152, ont confirmé cette tendance : le taux d’AES par piqûres chez les infirmiers est passé de 5,2 piqûres/100 infirmiers/an en 2004 à 3,6 en 2015. La surveillance des AES a montré que la sécurité d’exercice des professionnels de santé s’est fortement améliorée et que l’utilisation des matériels de sécurité apparaît significativement associée à un moindre risque d’accident. Au fil des ans, une meilleure application des précautions standard, l’utilisation plus répandue de matériels de sécurité pour les gestes invasifs, ont conduit à une diminution importante du risque d’AES. La surveillance nationale a également permis de guider et stimuler des actions de prévention dépassant le thème des AES dans les établissements de santé, en mobilisant en binômes étroits les médecins du travail et les équipes opérationnelles d’hygiène.

Tous les secteurs du soin concernés...

Cette surveillance, qui n’est plus considérée comme une surveillance nationale prioritaire, a été arrêtée depuis le 1er janvier 2016 et n’est plus assurée par le RAISIN3. En cette année 2017 de transition, le réseau CClin-Arlin doit être réorganisé en structures régionales, les CPIAS et le Comité de coordination du Raisin doit évoluer vers un Comité de pilotage des activités nationales du futur réseau des CPIAS. La surveillance des AES devant être poursuivie règlementairement dans les établissements de santé, il a été décidé de continuer à proposer l’outil Web-AES.
Les efforts doivent être poursuivis dans le sens de la prévention et de la prise en charge des AES. La directive européenne 2010/32/UE, le décret et l’arrêté des 9 et 10 juillet 2013 transposant en droit français la directive ont vocation à renforcer cette démarche de prévention et notamment promouvoir le recours aux matériels de sécurité.

Si la diminution du risque a été particulièrement forte au niveau de l’hôpital, le recours aux matériels de sécurité semble moindre dans les petits établissements et notamment les établissements privés4. Le risque d’AES est également présent en dehors des établissements de santé ainsi que l’ont montré les enquêtes conduites par le GERES5,6 : EHPAD, laboratoires de ville, soins de ville… Il est cependant moins bien connu du fait du peu d’études disponibles et d’une prise en compte plus récente.

Ne pas baisser la garde…

Une surveillance des AES à une échelle plus large que le niveau local permet de repérer une augmentation des accidents liés à des évènements rares ou émergents (dysfonctionnement ou incompatibilité entre dispositifs, nouvelles pratiques de soins…) et de mettre en place des actions correctrices. Le maintient d’un réseau de surveillance sentinelle, qui pourrait s’étendre à d’autres lieux de soins (EHPAD, ville…), paraît à ce titre souhaitable pour continuer à disposer d’indicateurs ciblés sur les AES, dont les thèmes pourraient varier : piqûres liées au prélèvement, AES en pédiatrie, pénétration de tel matériel de sécurité, AES en HDJ, chirurgie ambulatoire…, afin d’argumenter des politiques de prévention et déclencher le cas échéant des alertes.

Gérard PELLISIER   Responsable Scientifique/Organisation GERES  

Références bibliographiques

  1. Risque d’exposition au sang parmi le personnel infirmier – Evolution 1990-2000. Documents pour le médecin du travail 2000 ;96 :447-457
  2. Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français. Réseau AES-Raisin, France – Résultats 2015. Saint-Maurice : Santé publlique France ;2017. 61 p.
  3. http://www.cclinparisnord.org/AES/AES.php
  4. Suivi des AES dans les établissements de santé. Place et intérêt des matériels de sécurité. Feuillets de Biologie 2012 ;LIII(309) :41-48.
  5. Risque d’exposition au sang lors des prélèvements veineux. Résultats d’une étude dans les laboratoires d’analyses médicales. Documents pour le médecin du travail 2007 ;110 :173-192.
  6. Cabipic : risques d’accidents d’exposition au sang et couvertures vaccinales des médecins libéraux en région parisienne en 2011. BEH 2012 ;38 :421-424.

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(15/09/2017 : 13:55)

Soigner le stress post-traumatique avec un médicament, c'est possible ?  Voir?

Si vous l'avez manqué jeudi soir, vous pouvez encore regarder ce sujet en replay. Le magazine hebdomadaire de la rédaction de France 2 "Envoyé spécial" a consacré un sujet au stress post-traumatique. Après les attentats du 13 novembre 2015, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a décidé d’expérimenter un protocole révolutionnaire : celui d’un chercheur canadien qui assure avoir trouvé le remède pour atténuer la force des "mauvais souvenirs" sous la forme d'un comprimé "miracle". 200 patients, victimes de stress post-traumatique, se sont prêtés à cet essai clinique pendant un an. 

Un reportage à découvrir à partir de la 48e minute sur le site de France Télévisions.

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(15/09/2017 : 09:03)

Dernière mise à jour : 20/09/2017 : 07:04


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